Rom(s)

 En 2010, les longues séries d’expulsions des roms par le gouvernement français m’ont amené à suivre ce peuple nomade à travers différents camps de Marseille. Cette année-là, du quartier de Bougainville à celui de la porte d’Aix, des bidonvilles se font et se défont aux grès des expulsions. Dans ces lieux précaires, sans eau, ni électricité, des familles tentent de survivre face à l’exclusion et à la violence qu’ils subissent. Je les ai suivi durant une saison, au plus près de leur mode de vie. Lorsque je reviens un jour d’avril au camp de Bougainville, il ne reste plus que des montagnes de meubles démembrés et entassés, uniques vestiges du passage de vies humaines. Je ne les ai jamais revus.